QU’EST-CE QUE LE QUADRILLE ET COMMENT LE DANSER ?
Au cœur des bals parisiens, le quadrille s’impose comme une danse pleine de grâce et de traditions, où chaque pas raconte une histoire. Héritier des contredanses du XVIIIᵉ siècle, il invite à redécouvrir un art subtil fait d’élégance et de partage. Que vous soyez danseur débutant ou passionné d’histoire, plongez dans cet univers fascinant où rigueur et convivialité s’entrelacent pour donner vie à un ballet unique.
Qu’est-ce que le quadrille ?
Il suffit de quelques notes pour que la mécanique s’enclenche. Quatre couples se placent en carré, face à face. Le regard s’aligne, les pieds s’ajustent. Puis la musique lance le mouvement : une séquence de figures, de déplacements précis, d’échanges de partenaires qui dessinent un véritable ballet à huit. Chaque pas est codifié, chaque position pensée pour répondre à celle des autres. Ce jeu d’allers-retours, d’angles et de lignes compose ce que l’on appelle le quadrille.
Cette danse de bal trouve ses racines dans la contredanse française du XVIIIᵉ siècle. À l’époque, les chorégraphies se répètent comme un refrain. Mais bientôt, une envie de renouveau émerge : on alterne les séquences, on varie les styles, on introduit des passages différents à chaque entrée. Le quadrille naît de cette évolution, et s’installe peu à peu dans les bals parisiens, les salons, les cours de danse.
Sa structure se stabilise au début du XIXᵉ siècle. Chaque quadrille s’ouvre sur une introduction musicale : huit mesures que l’on écoute debout, concentré, avant d’entrer dans la danse. Viennent ensuite cinq figures successives, chacune avec son identité, son rythme, ses mouvements :
- Le pantalon
- L’été
- La poule
- La pastourelle (ou la trénis)
- La finale (ou saint-simonienne)
Certaines s’inspirent de danses populaires comme la mazurka, la valse ou le galop. D’autres jouent sur les déplacements, les croisements de bras, les jeux de face et de contre-face. Le quadrille ne se danse pas seul : il se vit ensemble, dans un subtil équilibre entre rigueur et vivacité, précision et plaisir.
Quelle est l’origine du quadrille ?
Le quadrille, danse emblématique du XIXᵉ siècle, puise ses racines dans la contredanse française du XVIIIᵉ. Au départ, c’était une danse sophistiquée où les cavaliers enchaînaient des pas précis (balancés, traversés, figures savantes) pour briller lors des bals élégants.
Mais avec le temps, cette rigueur s’est estompée. Vers 1840, le quadrille perd en technicité : les danseurs adoptent des pas plus simples, parfois même se contentent de marcher, comme le remarquait déjà Cellarius dans La Danse des salons.
Dans les bals publics, la danse se transforme davantage : les figures se simplifient, laissant place à une énergie plus libre, presque débridée. Ce style évoluera bientôt en chahut, puis en cancan, né dans les bals étudiants du Quartier latin et rapidement adopté par toute la capitale.
Le quadrille ne s’est pas limité à la France. Il a voyagé jusqu’en Autriche, où il est dansé sous le nom de Française, souvent sur des musiques de Johann Strauss. À Vienne, on conserve un quadrille à six figures qui rappelle celui des origines. On le retrouve aussi en Belgique, au Danemark et même à New York, preuve de son influence durable et de ses multiples variations.
Aujourd’hui, ses figures résonnent même dans les carnavals brésiliens de Pernambuco, témoignant de son incroyable capacité à traverser les frontières et les époques.
Comment danser le quadrille ?
Le quadrille français des salons est une danse pleine de charme, rythmée par cinq figures dansées par deux couples face à face. Imaginez-vous au cœur d’un bal élégant, où chaque pas raconte une histoire.
Première figure : Le Pantalon
La musique démarre doucement avec huit mesures d’introduction. Puis, place aux pas : la fameuse chaîne anglaise, où les couples échangent leur place avec élégance, passant l’un devant l’autre, épaule contre épaule, dans un mouvement fluide et harmonieux.
Ensuite, vient le balancé, où cavalier et dame se saluent avec douceur, avant de tourner ensemble, main dans la main. Puis, la chaîne des dames : un échange délicat, ponctué de demi-tours gracieux, jusqu’à la demi-promenade, où chacun avance avec légèreté pour prendre la place de son vis-à-vis.
Enfin, une demi-chaîne anglaise ramène tout le monde à sa place. Le tout se répète pour clore cette première figure avec raffinement.
Deuxième figure : L’Été
Ici, les couples entrent dans une danse plus vive, alternant avant et arrière, avec des pas appelés avant-deux et traversés. Les échanges entre cavaliers et dames rythment la musique, tandis que les regards se croisent au fil des mouvements. Le salut, élégant, ponctue la fin de cette figure, avant que la contre-partie ne permette au second couple de reproduire la même danse, dans une belle harmonie.
Troisième figure : La Poule
Le jeu continue avec des traversés en douceur, suivis d’un balancé où cavalier et dames glissent leurs pas en parfaite complicité, main dans la main. Puis vient la demi-promenade, légère et aérienne, avant de répéter les pas d’avant et de demi-chaîne anglaise. Les couples s’échangent, tournent, se retrouvent, comme dans un ballet gracieux où chacun connaît son rôle.
Quatrième figure : La Pastourelle
Cette étape est une invitation au jeu et à la complicité : un avant-deux par couple, suivi d’avant-trois où cavaliers et dames s’entrelacent pour avancer et reculer en cadence. Le tout se conclut par un demi-rond, un cercle dansé avec légèreté, puis une demi-chaîne anglaise qui ramène tout le monde à sa place, prêt à recommencer.
Cinquième figure : La Finale
La danse atteint son apogée avec des pas avant‑quatre, avant‑deux, traversés et balancés, ponctués de saluts et de tours main dans la main. Cette dernière figure peut se répéter plusieurs fois, prolongeant la fête et la joie de danser ensemble. Dans l’intimité des bals, on la remplace parfois par la Saint-Simonienne, une danse galopante, pleine d’énergie, qui conclut le quadrille sur une note festive. Le quadrille se termine toujours en beauté, avec un grand galop ou une farandole, où tous les danseurs, unis, célèbrent la danse et la joie partagée.
Quel est le lien entre le quadrille et le french cancan ?
Le quadrille, danse de salon par excellence, a tracé la voie d’un art vivant, qui s’est transformé au fil des siècles. C’est de cette toile élégante qu’est né le french cancan, incarnation d’une énergie nouvelle et d’une liberté retrouvée sur les pistes de danse parisiennes.
Si le quadrille repose sur des figures codifiées, c’est dans la spontanéité des bals populaires que le cancan a puisé son souffle, tout en conservant ce lien subtil avec ses origines. Cette continuité se fait aujourd’hui entendre sur la scène du spectacle du Moulin Rouge, où la revue Féerie célèbre chaque soir ce patrimoine vivant. Entre rigueur et audace, ces danses dialoguent encore, portées par un même élan, celui d’un Paris qui sait mêler tradition et invention.
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